Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /Sep /2009 15:44
 
" Gens de Douala, Je m’adresse à vous pour vous annoncer que Manga (Rudolf) Bell est condamné aujourd’hui à la pendaison parce qu’il s’est montré un traître au Kaiser et à l’Empire."

Le 08 août 1914, cette proclamation signée du gouverneur Karl Ebermaier, est placardée sur les principales places de Douala. Ce même jour, vers 5h du soir le mis en cause est exécuté par pendaison, ainsi que son parent et secrétaire Ngosso Din. L’avis officiel du gouverneur continue, précisant les charges qui valent un tel châtiment au roi des Bell :

"Il a reconnu, au dernier moment, qu’il avait été poussé par la crainte de la vengeance de ses concitoyens, de ceux que vous connaissez tous, qui, par crainte, restent secrètement à l’arrière-plan, qui couvent du poison et séduisent le peuple. Que le sang de Manga retombe sur ceux qui l’ont poussé sur le chemin du crime! Que celui qui ne veut pas devenir lui-même un traître, comme Duala Manga et ses aides, qu’il s’arrache à ces séducteurs, qui restent secrètement dans l’ombre et préparent du poison! Celui qui a des intentions loyales sera le bienvenu. Le Gouvernement du Kaiser sera toujours juste et reconnaissant envers les aides loyaux et les fidèles sujets.

Ce que vous déplorez est la conséquence des menées de ces hommes des ténèbres qui –le Gouverneur le sait- ont toujours été à l’œuvre pour exciter le peuple, le maintenir dans la terreur par leurs poisons et le garder sous le joug à leur profit. Arrachez-vous d’eux et vous serez heureux. Manga lui- même, à sa dernière heure, a prié son peuple qu’avec sa mort, la fidélité au Kaiser et l’obéissance envers le Gouvernement puissent revenir dans le cœur des Douala".


Ségrégation
Ngosso Din
Ngosso Din
Pour comprendre la terreur qui endeuille la ville de Douala ce mois d’août 1914, il faut remonter au projet d’extension et de modernisation de Douala, imposé par le boom économique du pays, l’accroissement démographique de la ville et les nécessités d’hygiène et de salubrité dans les quartiers. Au prétexte que la cohabitation avec les autochtones indispose les Européens, le plan directeur conçu et présenté en 1910 par von Rohm, l’administrateur de Douala, consacre la ségrégation. Il prévoit la division de la ville en trois zones: un secteur pour l’établissement des services publics et des résidences pour les Européens, un secteur pour les Douala (les quartiers Neu Deido, Neu Akwa et Neu Bell), et entre les deux secteurs, une zone tampon (freie zone) d’au moins un kilomètre de large. Les Douala, déjà submergés par les Européens sur les rivages du Wouri, sont appelés à déguerpir du plateau Joss où doit s’installer la ville blanche. Mais il est entendu que le déguerpissement se ferait à l’amiable. Les négociations s’ouvrent entre les chefs et l’administration. D’accord au départ sur le principe d’un arrangement, les chefs se rétractent devant l’étendue des terres sollicitées, la modicité du montant d'argent proposé et les conditions de relogement des populations à déplacer. L’administration est ainsi amener à envisager l’expropriation.

Le décret d’expropriation, rendu public le 15 janvier 1913, s’appuie d’abord sur la disposition du traité consacrant l’abandon total à l’Allemagne, par les Douala, de la souveraineté, du droit de légiférer et du pouvoir d’administration du territoire. Ensuite sur l’ordonnance impérial du 14 août 1896, considéré comme la base de la législation foncière au Cameroun. Repris plus tard à son compte par l’administration coloniale française, cette ordonnance stipule ceci: "Sous réserve des droits de propriété ou d’autres droits réels que des particuliers ou des personnes morales, que des chefs ou des collectivités indigènes pourraient prouver, de même que sous réserve des droits d’occupation de tiers fondés sur des contrats passés avec le gouvernement impérial, toute terre à l’intérieur du territoire de protectorat du Kamerun est terre de la Couronne comme étant sans maître, sa propriété échoit à l’Empire".

Pour les Douala, par contre, ce décret et l’expropriation, entrée dans sa phase d’exécution, constituent une violation du traité signé le 12 juillet 1884 entre les rois Duala et le négociant Eduard Woermann. Le traité précise, sans ambiguïté/. "les terrains cultivés par nous et les emplacements sur lesquels se trouvent les villages doivent rester la propriété des possesseurs actuels et de leurs descendants".
La décision de l’administration coloniale est d’autant impopulaire, qu’elle vient se greffer à un autre sujet de mécontentement. Jadis intermédiaires obligés entre les firmes allemandes et les populations de l’hinterland, les Douala sont désormais supplantés par les négociants européens. La position d’intermédiaire conférait du prestige et des avantages dont la perte est vécue comme un drame, en particulier par l’élite. La résistance qui s’organise autour du roi des Bell, a donc aussi des allures de révolte d’une classe en voie de paupérisation.

Né en 1873, fils aîné du roi Manga Ndumbe, Douala Manga Bell a été formé à l’école allemande. A la mort de de son père, le 2 septembre 1908, il hérite du trône des Bell, et est intronisé deux ans plus tard, au cours d’une cérémonie solennelle présidée par Kum a Mbappe, le chef supérieur de Bonabéri. Sa formation, son séjour en Allemagne, sa fine connaissance des mœurs et de la civilisation européenne et des milieux politiques berlinois, le désignent naturellement pour porter l’étendard de la contestation.

Ses nombreuses démarches auprès de l’administration buteront sur un homme au caractère inconciliable, le gouverneur Gleim, par ailleurs soupçonné de ne pas rendre fidèlement compte à sa hiérarchie des prétentions des douala. Les chefs Douala décident alors de saisir directement la métropole; ce qui est fait par un télégramme adressé au Reichstag, le 09 novembre 1911. Le 08 mars 1912, une autre correspondance, signée de Douala Manga Bell et aussi vaine que la précédente, est adressée au Parlement. Pendant trois ans, à l’instigation de Duala Manga Bell, destitué le 4 août 1913, les chefs Douala bombardent le chancelier de l’Empire, le Bureau colonial (le ministère des colonies n’existe pas) et le reichstag de pétitions. Duala Manga Bell, empêché de porter personnellement la cause Douala en Allemagne, y sollicite les services d’un avoué et d’un avocat, qui réussissaient déjà susciter la bienveillance des milieux politiques berlinois quand éclatent la guerre et l’affaire dite de la haute trahison. Il réussit aussi à organiser le voyage clandestin de son secrétaire et parent Ngosso Din, délégué à Berlin.

Trahison
Face au fossé qui sélargit entre l’administration et les populations douala, Manga Bell envisage la rupture de la collaboration avec les Allemandds. Sans en peser toutes les conséquences, il aurait alors tenté de rallier d’autres chefs supérieures à la cause douala. C’est ainsi qu’il aurait envoyé un émissaire au sultan Ibrahim Njoya.
Sur ce dernier point de l’histoire du Cameroun, la polémique prospère. Un ouvrage intitulé Histoires et coutumes des Bamun, publié par l’Institut français d’Afrique noire (Ifan) en 1952 et rédigé sous la direction du Sultan Ibrahim Njoya, peut aider à éclairer cette enigme de l’histoire du Cameroun. Voici le récit qui y est fait de l’ambassade de Rudolf Duala Manga Bell à Foumban, auprès du sultan Ibrahim Njoya: "Il arriva que Duala, fils de Manga, envoya Ndane. Vendu depuis longtemps aux gens de la forêt, Ndane venait informer Njoya du conflit qui existait entre Allemands d’une part et français et anglais d’autre part; c’est par lui que Duala, fils de Manga, conseillait à Njoya de commencer la lutte contre les Allemands dans son pays.

Le roi Njoya envoya des messagers pour dire à Duala, fils de Manga: "Les Allemands sont mes pères, et lui est comme mon frère, comment dès lors pourrais-je entrer en guerre contre eux? Puis, il arrêta Ndane et le livra aux autorités allemandes à qui cette façon d’agir ne déplut pas. Ndane fut mis en prison, et, peu de temps après, Duala, fils de Manga, était arrêté et exécuté."

Les Allemands se préparaient à la guerre, contre la France et l’Angleterre. Ils découvrent les préparatifs de guérilla. Des faits qualifiés de haute trahison au procès du 07 août 1914. Le lendemain, Duala Manga Bell et Ngoss Din sont pendus à Douala, tandis qu’à Ebolowa, Martin Paul Samba est fusillé par un peloton allemand.
Gens du Cameroun ! Que le sang de Manga (Rudolf) Bell fortifie ceux qui prennent le chemin de la liberté.




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Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /Sep /2009 15:38

DOUALA MANGA BELL (Alexandre Ndoumb'a)

Né le 3 décembre 1897 à Douala Bell (Cameroun)

Décédé le 19 septembre 1966 à Douala

 

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Cameroun)

Député du Cameroun de 1946 à 1958

 

Alexandre Douala Manga Bell est né le 3 décembre 1897 à Douala (Cameroun, colonie allemande depuis 1884). Le pays Douala correspond à la côte de l'Atlantique, entre l'embouchure de la Ntem et celle du Wouri et comprend notamment l'estuaire du Cameroun : il s'agit donc de la partie du pays la plus ouverte sur l'extérieur et où l'occidentalisation sera la plus prononcée.

Le jeune homme descend de la famille royale des Douala, dont son " bisaïeul Ndoumba Lobe fut le dernier roi ". Son père Rudolf Douala Manga, est à la tête de la résistance des chefs locaux à l'administration allemande lorsque celle-ci cherche à exproprier d'importants terrains (900 ha au total) pour développer la ville de Douala. Il signe la pétition à la Diète de Berlin, le 8 mars 1912, mais est suspendu de ses fonctions de chef suprême par les Allemands le 4 août 1913, et emprisonné. Le 7 août 1914, Rudolf Douala Manga est condamné à la pendaison, sentence exécutée dès le lendemain. Le premier conflit mondial éclate peu après, et la ville de Douala tombe très rapidement aux mains des troupes franco-anglaises (28 septembre 1914).

Alexandre Douala Manga Bell, après son cursus secondaire, poursuit des études supérieures en Allemagne, où il est surpris et bloqué par le déclenchement de la guerre. " Il en rapporte une formation morale et intellectuelle rigide et froide, un sens absolu de l'honneur dont il se plait à exalter le témoignage dans ce que fut la vie de son père ". Revenu au Cameroun après la fin des hostilités, il y retrouve la traditionnelle position prépondérante de sa famille, dont il est le fils aîné. Cependant, les difficultés concernant les indemnités d'expropriation soulevées à l'en-contre de l'administration allemande se poursuivent avec l'administration française, contre laquelle Alexandre Douala Manga Bell est engagé dans plusieurs très longs procès.

Etabli comme propriétaire planteur, il épouse, en 1921, une jeune fille originaire de Cuba. Le jeune couple séjourne alors un temps en France, mais, après trois ans de vie commune, le ménage se sépare, Alexandre Douala Manga Bell rentrant au Cameroun tandis que sa jeune femme reste à Paris avec leurs deux enfants en bas âge. Alexandre Douala Manga Bell, qui envoie plus ou moins régulièrement des fonds à sa femme, réussit enfin, en 1942, à faire venir son fils, José Manga Emmanuel, près de lui.

L'ordonnance du 22 août 1945 prévoyait, parmi les modalités de la représentation du Cameroun à l'Assemblée Constituante, la constitution d'un deuxième collège électoral rassemblant les " notables évolués " . Candidat au titre du M.R.P., devant le collège des " non-citoyens ", aux élections du 21 octobre 1945, Alexandre Douala Manga Bell recueille 5 274 voix sur 12 468 votants et est élu au deuxième tour représentant du Cameroun (18 novembre 1945).

Il est nommé membre de la Commission des territoires d'outre-mer, et prend part à la discussion d'interpellations sur la situation de la France d'outre-mer. Favorable, le 28 mars 1946 à la nationalisation de l'électricité et du gaz, il se prononce, le 19 avril suivant, pour le projet de Constitution et, le 24, pour la nationalisation des assurances.

Alexandre Douala Manga Bell brigue le renouvellement de son mandat lors des élections du 2 juin 1946, pour la seconde Assemblée nationale Constituante, toujours au titre du M.R.P., devant le collège des " non-citoyens " du Cameroun. Avec 5 236 voix sur 9 988 suffrages exprimés, il est réélu et retrouve à l'Assemblée, la Commission des territoires d'outre-mer (1946). Le 28 septembre 1946, il soutient le projet de Constitution.

Lors des élections du 10 novembre 1946 pour la première législature de la IVe République, Alexandre Douala Manga Bell se présente, toujours comme candidat M.R.P., devant le collège des autochtones de la deuxième circonscription du Cameroun. Il est à nouveau réélu, avec 7 659 voix sur 11 058 suffrages exprimés. A nouveau nommé membre de la Commission des territoires d'outre-mer (1946, 1947, 1949), il siège également à la Commission des pensions (1948-1951) et intervient à plusieurs reprises dans les débats, notamment lorsque ceux-ci abordent les problèmes de l'outre-mer et les pouvoirs des Assemblées représentatives locales.

Le 4 mai 1947, il vote pour la confiance au gouvernement, scrutin à la suite duquel Ramadier se sépare de ses ministres communistes. Il est également favorable au projet de loi sur le statut de l'Algérie (27 août 1947).

Cette période est cependant marquée par un très grave drame personnel : une procédure de divorce a en effet été engagée entre Alexandre Douala Manga Bell et son épouse. Le député s'oppose dès lors de plus en plus violemment à son fils, qui semble mener à Paris " une vie désordonnée " et a des besoins d'argent de plus en plus impérieux. " Las de répondre des dettes contractées dans les auberges et les milieux louches, Alexandre Douala Manga Bell décide de rompre toutes relations avec son fils, auquel il interdit formellement l'accès de la maison paternelle . Celui-ci s'y présentera pourtant, et les heurts violents reprennent entre les deux hommes jusqu'à ce que, dans la nuit du 15 septembre 1947, Alexandre Douala Manga Bell abatte son fils de deux coups de fusil. Arrêté à la suite de cet assassinat, Alexandre Douala Manga Bell est mis en liberté provisoire le 19 novembre 1947. La Commission parle-mentaire chargée d'examiner la demande en autorisation de poursuites concluera au rejet de celle-ci (30 juillet 1948) et sera suivie par l'Assemblée (6 août 1948).

Opposé à la nationalisation des écoles des houillères (14 mai 1948), Alexandre Douala Manga Bell se prononce pour la ratification du plan Marshall (7 juillet 1948), pour la constitution du Conseil de l'Europe (9 juillet 1949) mais contre la ratification du pacte de l'Atlantique (26 juillet 1949). Enfin, il approuve la réforme électorale instituant le scrutin de liste majoritaire à un tour avec apparentements (7 mai 1951).

Alexandre Douala Manga Bell est à nouveau candidat M.R.P. devant le collège des citoyens de statut personnel de la deuxième circonscription du Cameroun lors des élections du 17 juin 1951 pour la deuxième législature. Dans ses engagements électoraux, il rappelle l'importance de la tradition d'engagement de sa famille " Je pense que ma ferme décision de vous défendre inébranlablement, ferme décision basée sur l'exemple donné par mon père qui, comme vous le savez, est allé jusqu'à sacrifier sa vie pour le pays, me donnera vos voix sur cette seule promesse de servir le Cameroun sans distinction aucune de religions, d'opinions politiques, de clans, de tribus ou de races. Tel est le but de ma candidature. A vous de décider du choix. J'ose espérer que, toute réflexion faite, votre choix tombera sur voue candidat qui vous apporte l'amour pour son pays et pour les enfants de ce pays... " . Avec 38 043 voix sur 76 950 suffrages exprimés, il est effectivement réélu, mais le prestige de son nom lui permet d'obtenir aussi, au même scrutin 4 515 voix sur 92 169 suffrages exprimés devant le même collège de la première circonscription du Cameroun, dont le siège est facilement conservé par le député S.F.I.O. sortant, Paul François Ninine.

Alexandre Douala Manga Bell retrouve, à l'Assemblée, la Commission des territoires d'outre-mer (1951, 1955) mais est également membre de celles de la justice et de la législation (1954-1955) et de la presse (1954). Il dépose, au cours de cette législature, deux textes dont sa proposition de loi en date du 19 janvier 1953 qui vise à instituer au Cameroun un collège électoral unique, et il reviendra à plusieurs reprises, dans les débats parlementaires, sur ces problèmes et ceux de l'érection de communes de plein exercice au Cameroun. Il est en outre délégué de la France à la septième session de l'O.N.U. (1952), où il a notamment en charge de défendre l'accord de tutelle de la France sur le Cameroun - ce qui l'éloignera du mouvement nationaliste naissant.

A partir de mars 1952, Alexandre Douala Manga Bell siège en outre à l'Assemblée territoriale camerounaise.

Favorable au pool charbon-acier (13 dé-cembre 1951), Alexandre Douala Manga Bell vote l'investiture à Antoine Pinay (6 mars 1952) puis à Joseph Laniel (26 juin 1953) mais se prononce contre le cessez-le-feu en Indochine (9 mars 1954) et s'abstient volontairement lors du vote du 13 mai sur le soutien au gouvernement après Diên-Biên-Phû. Enfin il vote la confiance au gouvernement Laniel lors du scrutin du 12 juin ayant entraîné sa chute, puis l'investiture de Pierre Mendès France (17 juin), et il approuve les accords de Genève mettant fin aux hostilités en Indochine (23 juillet). Dans la logique de ses positions antérieures, notamment exprimées lors de son intervention dans la séance du 26 janvier 1953, il se déclare opposé aux accords de Paris prévoyant le réarmement de l'Allemagne et son entrée dans l'O.T.A.N. (29 décembre 1954). Le 4 février 1955, il est partisan de la confiance à Pierre Mendès France et soutient l'investiture d'Edgar Faure le 23 février.

L'année 1955 est très difficile au Cameroun, où la chute des prix des matières premières provoque une agitation diffuse, entretenue par l'U.P.C. (Union des peuples camerounais) et culminant avec la grave crise sociale et politique de mai : on enregistre plusieurs dizaines de morts à la suite des troubles à Douala même, le couvre-feu est instauré et, le 13 juillet, l'U.P.C. est dissoute par décret.

Lors des élections du 2 janvier 1956 pour la troisième législature, Alexandre Douala Manga Bell désigné officiellement comme " planteur et chef supérieur " faisant partie du Ngondo (l'assemblée traditionnelle du peuple douala), se présente au titre des Indépendants d'outre-mer devant le même collège du Cameroun. Ses engagements électoraux insistent tout particulièrement sur sa proposition de loi visant à établir le collège unique au Cameroun. Avec 41 365 voix sur 106 469 suffrages exprimés, il est à nouveau réélu. Son principal adversaire, Isaac Tchoumba-Nouangkeu, obtient quant à lui 20 979 voix et l'élection, qui aurait été entachée de nombreuses irrégularités, est suivie d'une longue enquête parlementaire. Devant le manque de preuves tangibles, la Commission conclut à la validité du scrutin, notant particulièrement que : " M. Alexandre Douala Manga Bell n'avait pas besoin d'une pression administrative pour se faire élire au Cameroun : si sa popularité a peut-être baissé dans de grands centres comme Douala, elle demeure entière dans le reste du pays... ". Suivant les conclusions de la Commission, l'Assemblée accepte la validation, le 6 juin 1956. Alexandre Douala Manga Bell est nommé membre de la Commission de la justice et de la législation (1956, 1957), de celle des territoires d'outre-mer (1956) et de celle de la presse (1957). Il dépose, au cours de cette législature, quatre textes relatifs à la situation et à l'administration du Cameroun : sa proposition de loi du 7 juin 1956 porte amnistie des condamnations prononcées sur le territoire du Cameroun, et vise à le rapprocher des indépendantistes. Partisan de la confiance à Guy Mollet (31 janvier 1956), il vote pour les pouvoirs spéciaux en Algérie (12 mars).

La loi-cadre promulguée sous l'impulsion de Gaston Defferre, ministre de la France d'outre-mer dans le gouvernement Guy Mollet, le 23 juin 1956, en généralisant le collège unique et le suffrage universel direct, assure pratiquement l'autonomie des territoires d'Afrique noire et leur évolution vers l'indépendance. Après être intervenu dans la discussion sur le décret du 28 mars précédent portant statut du Cameroun, Alexandre Douala Manga Bell démissionne de son siège de député le 4 avril 1957. Candidat aux législatives partielles du 23 juin suivant, il insiste notamment, dans son " Appel à la nation camerounaise " sur la nécessité de l'indépendance, et de " l'unification des deux Cameroun ". Il est réélu, avec 54 942 voix sur 167 369 suffrages exprimés, son adversaire principal, Isaac Tchoumba-Nouangkeu, alors emprisonné au secret à Yaoundé, recueillant pourtant 50 023 voix. A la suite de cette réélection, validée le 24 juillet 1957, Alexan-dre Douala Manga Bell dépose, dès le 25 juillet, une proposition de loi tendant à interdire le cumul des mandats à l'Assemblée nationale française et à l'Assemblée législative de l'Etat sous tutelle du Cameroun.

Il intervient en outre à plusieurs reprises dans les discussions parlementaires sur la ratification des traités de la CEE et de l'Euratom et la position de l'Afrique à cet égard.

Opposé à la prorogation des pouvoirs spéciaux en Algérie (19 juillet 1957), il ne prend pas part à la plupart des scrutins importants marquant la fin de la IVème République. Il est clair que, pour lui, l'avenir de sa carrière politique doit désormais se développer dans le cadre du Cameroun, qui ne tardera pas à devenir un Etat indépendant.

 

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Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /Sep /2009 15:24


 
La mémoire orale des Elog Mpoo (Bisoo/Bakoko) affirme qu`ils viennent d`Egypte antique et des régions tchadiennes.


La mémoire orale des Elog Mpoo (Bisoo/Bakoko) affirme qu´ils viennent d´Egypte antique et des régions tchadiennes.

Jean Toto Kange, catéchiste, mort le 10 Juillet 1978 à l´âge d´environ 110 ans, déclare en 1976 : « Nous les Bakoko, sommes partis d´Ethiopie puis nous sommes passées en Egypte. De là notre grand Ancêtre est parti avec d´autres, il a débouché du côté de Yaoundé. En ce temps-là les routes anciennes de Dieu étaient peu distantes. (...) Notre grand Ancêtre Nsoo a trouvé un immense rocher chez les Basso du Nord (1). »
Le Chef Pongo Too, né en 1890, fait des allégations similaires. Malheureusement les auteurs Christine Buhan et Etienne Kange Essiben du livre - La mystique du corps - Les Yabyan et les Yapeke de Dibombari au Sud-Cameroun (éditions Harmattan, Paris, 1986) n´ont pas transcrit la partie concernant l´Egypte et l´Ethiopie. On lit dans leurs ouvrage : « Après avoir longuement parlé de l´origine de ses ancêtres en Egypte puis en Ethiopie, le chef continue :« Lame suivit les flots et arriva à Ngog-Lituba (2). »
Les généalogistes Minyemeg Mi SIM et Ndoumbè Dibonguè, des Bisoo/Bakoko ont aussi mis en lumière l´existence de leurs ancien empire fondé vers IIIe siècle avant notre ère, aux environs du Lac Tchad, appelé Ngée-Simba et sa confrérie militaire le Ngée (hommes-panthère). Dika Akwa fait le lien de cet empire avec l´Agysimba décrit par les routiers gréco-romains (3).

Par: SIM Mi NSONKON Rémy
NOTES
1. Témoignage de Jean Toto Kange dans l´Annexe de La mystique du corps - Les Yabyan et les Yapeke de Dibombari au Sud-Cameroun, éditions Harmattan, Paris, 1986, p .419
2. La mystique du corps - Les Yabyan et les Yapeke de Dibombari au Sud-Cameroun, éditions Harmattan, Paris, 1986, p. 435
3. Les problèmes de l´anthropologie et de l´histoire africaine (Éditions Clé, Yaoundé, 1982), pp. 61-62





L´ORIGINE ÉGYPTIENNE DE LA LANGUE
NSOO DES ELOG MPOO


La langue originelle des Elog Mpoo était le Nso. Cette langue est issue du royaume de la Haute-Egypte appelée Nso. D´ou : le pharaon Nso, nom donné au roi du sud de l´Egypte qui avait pour capitale Thèbes. Nous faisons le parallèle ici avec la langue Douala qui vient du nom de leurs ancêtre Douala Mbedi.
Le rameau Nsoo ou Bisoo des Elog Mpoo perpétue la tradition ancestrale en portant ce nom d´origine égyptienne. Les Nso de Bamenda, population anglophone estimée à plus de 200.000 personnes appartiennent également à cet ensemble. Remarquons que la Haute Egypte et la Basse Egypte concrétisent leurs Réunification vers - 3200 avant notre ère.
Plusieurs autres elements tendent à confirmer nos allégations sur le rapport entre les Nso de l´Egypte pharaonique et ceux du Sud-Cameroun.
Premièrement, la toponymie. Non loin de Thèbes, les Anciens Égyptiens avaient une montagne sacrée portant l´expression Tuba signifiant la pierre perforée. Et nous savons que Ngok-Lituba du Sud-Cameroun a une signification similaire.
Sur le plan de la parenté linguistique, les Elog Mpoo forment les noms de la plupart de leurs villages à partir de l´adjectif d´appartenance « Nyi » (pour les Nsoo ou Bisoo) et « Ya » (pour les Bakoko). Plusieurs villes de la Haute-Egypte, particulièrement Nekhen, obéissent à la même règle linguistique.
Le Nso est, depuis l´Egypte pharaonique, la langue liturgique dans les temples, accessible seulement aux initiés. Pour les Bassa, cette langue est difficile à parler. Ces évidences, que nous soulignons, tendent à confirmer le choix du nsoo comme langue liturgique des Elog Mpoo, Bassa, Beti, Yambassa, etc. Et précisons que les Nsoo sont les gardiens de la tradition des Elog Mpoo.
Après la destruction de l´Egypte Ancienne par les envahisseurs successifs, les Nso crées l´empire Ngé- Simba (Agy-Simba des voyageurs Romains) vers le IIe siecle avant notre ère. C´est probablement ici que va naître la langue Ati soulignée par Dika Akwa dans son livre - Les problèmes de l´Anthropologie et de l´Histoire africaines (Éditions Clé, Yaoundé, 1982, p.57) : « On se rend compte que le Bulu du Sud-Cameroun ou du Gabon parle certes ati comme les Beti ou les Fang, mais une histoire plus riche que celle plus connue de son XVIIIe siècle le renvoie à un même stock racial que les Ba-Sow (Bakoko, Badjob, Yalongo) et les Yadouma (Mangissa, Yebekolo...) du Cameroun, les Akoko du Nigeria, les Yakouma du Zaïre, les Laobé du Sénégal, tous descendants des Sao ou Sow légendaires bâtisseurs de l´empire du Ngé-simba (IIe s. avant notre ère, + IIe s.), ou encore des Soninké fondateurs du célèbre empire du Ghana (Wagadou). »
Tous les Elog Mpoo ne parlent pas le Nsoo, encore appelé le Bakoko, dans la mesure où certains ont subi l´influence des peuples environnants. Ceci est toutefois est vrai pour les Badjob, NdogBessol et Yabii qui parlent le Bassa, langue qu´ils ont empruntée à leur environnement éco-culturel.




LES CLANS MPOO


Les arcanes Mpoo:


La corde: tressée avec un noeud tourné vers le haut, symbolise l´union et la fraternité indissolubles.
Le palmier : il est le symbole de l´activité agricole et surtout de la fécondité, de la richesse et de la prospérité.
La pirogues et les pêcheurs : symbolise l´origine aquatique des Mpoo, la maîtrise de l´eau et l´aptitude aux activités marines.
La pagaie : constitue un élément moteur dans les différents déplacements, permet de diriger et de stabiliser la pirogue, même entre les vagues. Les vagues chez les Mpoo symbolisent la perversité.
Le chasse-mouche : est le symbole de la paix et de l´autorité d´une part, et d´autre part de la dignité et de la liberté. Dans une course de pirogues par exemple, le chasse-mouche matérialise le pouvoir de neutraliser les forces maléfiques des autres concurrents.
Présentation des clans Mpoo:
Adiè :

Ils descendent de Adiè, fils de Likandè, fils de Mpoo. Ils parlent le bakoko, et sont localisés dans les arrodissements d´Edéa dans la Sanaga maritime, et de Kribi dans l´Océan. Ils se séparèrent des autres groupes à Mongobè. Deux migrations pour ceux d´Edéa, trois pour ceux de Kribi. Après le défaite des Yakalak en 1892, le pays Adiè fut vite conquis. Ils avaient une importance stratégique durant la période précoloniale dans le commerce avec les Européens car situés au terminus de la partie navigable de la Sanaga. Edéa est la métropole des Elog Mpoo.
Badjob :

Ils descendent de Njob, fils de Mban, frère de Mpoo. Ils parlent le basaa et le bakoko est leur langue rituelle. Ils sont localisés dans les arrodissements de Messondo et Bôt Makak dans le Nyong et Kelle, Lolodorf dans l´Océan, et Yabassi dans le Nkam. Ils ont traversé la sanaga au pont de Kikot. 1, 2 ou 3 migrations selon les groupes. Ceux de la rive gauche de la Sanaga obligèrent Morgen à changer de rive quand il se rendait à Malimba.
Bisoo :

Ils descendent de Nsoo, fils de Mban, frère de Mpoo. Ils parlent le bakoko biso, et sont localisés dans l´arrodissements de Ndom dans la Sanaga maritime, et de Kribi dans l´Océan ils n´ont connu aucune migration.
Mban :

Se rattachent à Mban, père de Mpoo. Ils parlent le mban bakoko (langue secrète du njee bakoko et basaa), et sont localisés dans l´arrodissements de Nkondjock le Nkam. Deux migrations principales : De Ngog Litua à la côte, puis de la côte à leur emplacement actuel en remontant le Wouri puis la Makombé. Là ils trouvèrent les Diboum qui leur cédèrent du terrain. Fin du 19è, guerre avec les Bandem pour se rapprocher de Yabassi, devenu un centre commercial important.
Ndog besol :

Ils descendent de Besol, fils de Bian, fils de Mpoo. Ils parlent le basaa et le bakoko est leur langue rituelle. Ils sont localisés dans les arrodissements d´Edéa dans la Sanaga maritime, de Lolodorf dans l´Océan et de Messondo dans le Nyong et Kelle. Franchirent la Sanaga vers Sakbayémé. Deux migrations : Au 19è, guerre contre les Fangs, Evuzok, Ngumba, Yansa et Batanga. Rançonnaient les convois allemands sur les routes de Yaoundé-Kribi et Kribi-Edéa. Traité du 23.06.1896 avec le Lt Von Stein. Ont intégré les pygmées. Furent les plus grands fournisseurs d´ivoire vendu par les Adiè et les Yakalak de l´embouchure de la Sanaga.
Ndonga :

Ils descendent de Mbambo, fils de Mpoo. Ils parlent le basaa-ndonga, et sont localisés dans l´arrodissement de Dizanguè dans la Sanaga maritime. Ils disent être passés à Piti. Ils sont très métissés d´Elog Ngahè (proche des Duala)
Yabii :

Ils descendent de Bii, fils de Likika, fils de Mpoo. Ils parlent le basaa et le bakoko est leur langue rituelle. Ils sont localisés dans les arrodissements d´Edéa dans la Sanaga maritime, de Kribi et Lolodorf dans l´Océan. Franchirent la Sanaga vers Sakbayémé. Deux migrations : Au 19è, guerre contre les Fangs, Evuzok, Ngumba, Yansa et Batanga. Rançonnaient les convois allemands sur les routes de Yaoundé-Kribi et Kribi-Edéa. Traité du 23.06.1896 avec le Lt Von Stein. Ont intégré les pygmées. Furent les plus grands fournisseurs d´ivoire vendu par les Adiè et les Yakalak de l´embouchure de la Sanaga.
Yakalak :

Ils descendent de Suga ou Ngah, surnommé Kalak, fils de Mpoo. Ils parlent le bakoko, et sont localisés dans les arrodissements de Mouanko et Dizanguè dans la Sanaga maritime. Ont intégré plusieurs sous-clans des divers clans Mpoo. Après Ngog Litua, séjournèrent à Piti. Migrations successives. Servaient d´intermédiaires entre les Malimba et les Adiè dans le commerce avec les Européens. Leur résistance aux Allemands fut la plus acharnée et la plus sanglante du Cameroun. Traité de Décembre 1892 avec Wehlan. Mais il fallut 10 ans pour rétablir l´ordre dans la région.
Yapeke :
Ils descendent de Peke, frère de Mpoo. Ils parlent le bakoko dibombari, et sont localisés dans l´arrodissement de Dibombari dans le Mungo. Trois migrations principales depuis Ngog Litua. Piti, Duala, Dibombari. Peke arrive avant Bwanè. Les Yapeke ont intégré des groupes d´Eséka, de Yapouma, de Yakalak.
Yabyan (ou bakoko Dibombari) :

Ils descendent de Bwanè ou Byanè, fils de Mpoo. Ils parlent le bakoko dibombari, et sont localisés dans l´arrodissement de Dibombari dans le Mungo. Trois migrations principales depuis Ngog Litua. Piti, Duala, Dibombari. Peke arrive avant Bwanè. Les Yabyan sont liés aux Basaa de Babimbi, Adiè, Yakalak. Ont fui la promiscuité avec les Duala.
Yapoma (ou bakoko Duala) :
Ils descendent de Pomanè, fils de Mpoo. Ils parlent le bakoko, et sont localisés dans l´arrodissement de Douala III dans le Wouri. Leur séjour à Piti a entraîné des brassages avec les Yakalak, les Donga, Elog Ngahè. Très tôt se sont installés sur la Dibamba.
Yasuk :

Ils descendent de Lisukè, petit-fils de Mpoo. Ils parlent le bakoko, et sont localisés dans l´arrodissement d´Edéa dans la Sanaga maritime. Franchirent la Sanaga en amont d´Edéa. Descendirent jusqu´au Nyong qu´ils franchirent et se heurtèrent aux Mabéa. Se replièrent sur la rive droite, empêchèrent les caravanes allemandes de traverser le Nyong.
Yawanda :

Ils descendent de Wanda, fils de Mpoo. Ils parlent le bakoko, et sont localisés dans l´arrodissement d´Edéa dans la Sanaga maritime. Franchirent la Sanaga en amont d´Edéa. Descendirent jusqu´au Nyong qu´ils franchirent et se heurtèrent aux Mabéa. Se replièrent sur la rive droite, empêchèrent les caravanes allemandes de traverser le Nyong.
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APERCU HISTORIQUE DES ELOG MPOO
ET DE L’ACTEM

Présenté par le Bureau Mpoo - A l’occasion de l’Assemblée Générale
Ordinaire de l’ACTEM Njuki, le 24 Juillet 2004.


Les Elog Mpoo sont un groupe ethnique qui se répartit en plusieurs Clans ou lignage plus ou moins autonomes les uns par rapport aux autres. Dans la langue Bakoko, le préfixe " Elog " signifie " ceux de… " ou " les gens de… Par extension, il faut lire " les descendants de… Ce préfixe se rattache presque toujours à un ascendant éponyme proche ou éloigné, et se décline en " Ndog… " ou " Log… " ou encore " Ilog… " ou enfin " Ya… ".

QUI ETAIT MPOO ?



IL s’appelait de son vrai nom NNANGA ? fils de MBANG, petit-fils de NGUE et arrière petit-fils de NNANGA, donc il s’appelait NNANGA MBANG NGUE NNANGA. L’appellation MPOO dévire de son surnom dont l’expression entière était " LIPOO LI MINGENDA MI BET BEN ", qui veut dire " l’eau de la chute qui ne remonte jamais à sa source ". Le sens qu’il faut donner à ce surnom est qu’il était un homme qui avait une grande personnalité, qui était rigoureux, déterminé, secret.
QUI SONT LES ELOG MPOO

Les Elog Mpoo sont les descendants de MPOO lui-même, ceux de ses frères NSO’O, NJOB et PEKE, et même ceux d’un de ses oncles (les Mbang et les Dibom). Ceci trouve sa justification dans un usage coutumier qui regroupait autour d’un homme illustre et prospère toutes les composantes de sa famille, voire de son lignage.
Aujourd’hui les Elog Mpoo sont regroupés dans trois (03) provinces (Centre, Littoral et Sud), dans six (06) départements (Moungo, Nkam, Nyong et Kellé, Océan, Sanaga Maritime et Wouri). Ils s’expriment en Basaa et en Bakoko, les parlers Mbang et Biso’o étant de la même souche linguistique.
Les recherches sont en cours pour mettre en lumière les rapports de parenté qui existent avec les groupes isolés repérés dans les régions d’Etoudi (Mfoundi), de Nanga Eboko et Basthenga (Haute Sanaga), Kumba (Mémé), Mundemba (Ndian) et Campo (Océan).
Dans l’ordre alphabétique, les Clans Mpoo aujourd’hui identifiés sont donc les suivants :
* Les ADIE
sont les autochtones de la ville d’Edéa. Ils descendent d’ADIE, filks de LIKANDE, petit-fils de MPOO. Ils peuplent les arrondissement d’Edéa et le nord de celui de Kribi et parlent Bakoko. Leur voisinage et leur interpénétration avec les Bassa ont longtemps entretenu la confusion et les ont fait passer pour des Bassa qu’ils ne sont absolument pas.
* Les BADJOB
descendent de NJOB MBANG NGUE, frère de MPOO. Ils peuplent lkes arrondissement de Bipindi, Bot Makak, Messondo, Ngog Mapubi et s’expriment en Basaa. Selon certaines sources, ils ont en commun avec les Ndog Bisso et les Yabii d’être " frères de case ", c’est-à-dire que les mères des deux derniers étaient co-épouses dans la cuisine de la mère de NJOB.
* Les BAKOKO DU MOUNGO
se composent de deux (02) sous-groupes. Les YAPEKE, descendants de PEKE MBANG NGUE, frère de MPOO et les YABIANG, descendants de BIANGUE ? FILS DE MPOO. Ils sont en fait un oncle et son neveu. Ils se trouvent dans l’arrondissement de Dibombari et s’expriment en Bakoko.
* Les BAKOKO DU WOURI
, abusivement réduits à la seule dimension des YAPOMAN, comprennent en fait de nombraux autres lignages. Ils descendent de POMANE, fils de MPAM, petit-fils de MPOO. Ils peuplent l’arrondissement de Douala 3ème et parlent le Bakoko.
* Les BISO’O
sont les descendants de NSO’O MBANG NGUE, frère de MPOO. Ils sont regroupés dans le district de Nyanon, arrondissement de Ndom, et s’expriment en Biso’o. Ils sont les seuls à n’avoir pas émigré loin de notre berceau de Ngog Lituba.
* Les DIBOM
descendent plutôt d’un oncle de Mpoo. Quelques problèmes subsistent sur le segment lignager auquel ils se rattachent. Au stade actuel des connaissances, ils seraient les neveux des Mnang. Ils occupent le district de Nord Makombé, arrondissement de Nkondjock et parlent le Bakoko.
* Les MBANG
descendent d’un oncle de Mpoo parce que le segment lignager auquel ils se rattachent se situerait au niveau de NGUE NNANGA, grand père de MPOO. Ils peuplent l’arrondissement de Nkondjock et parlent le Bakoko.
* Les NDOGBISSO
sont les descendants de BISSO, fils de ANG, petit fils de MPOO. Ils sont installés dans les arrondissements de Bipindi, Edéa et Messondo et s’expriment en Basaa.
* Les NDONGA
descendent de MBAMBO, fils de MPAM, petit-fils de MPOO. Comme leurs frères ADIE, leur voisinage et leur interpénétration avec les LONGASSE a longtemps entretenu la confusio
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Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /Sep /2009 14:34

Le 15 Mars 1966, dans le maquis de la Boumba Ngoko au Sud Est du Cameroun, Osendé Afana, l`un des plus brillants intellectuels militants anti-colonialistes de l`Afrique du 20è siècle, à la tête d`un détachement de partisans, membres de l`Union des Populations du Cameroun (UPC) engagés dans la lutte armée contre le néo-colonialisme, fut assassiné et décapité par les forces armées néocoloniales du Gouvernement camerounais.


Peu ou mal connu des jeunes d’aujourd’hui, Osendé Afana fait partie d’une génération de révolutionnaires qui ont payé de leur vie leur engagement et leur détermination à libérer le Cameroun et l’Afrique du colonialisme et du néo-colonialisme.
 
Né en 1930 à Nkogksaa, Osendé Afana n’allait pas tarder à faire montre de ses qualités intellectuelles et de son esprit frondeur dès l’école et le lycée Leclerc à Yaoundé.
 
En 1952, il était un des meneurs de la grève des élèves noirs du lycée qui revendiquaient une amélioration de leurs conditions à l’internat. Déjà proche des idées de l’UPC -Union des Populations du Cameroun, principal parti revendiquant l’indépendance- il donnera sa véritable dimension et son leadership en France où il poursuivit ses études à Toulouse puis à Paris.
 
Rapidement il devint membre de la célèbre FEANF, Fédération des étudiants d‘Afrique noire en France, réputée pour son vivier de révolutionnaires en herbes et de jeunes tiers-mondistes, succès qui lui valu son infiltration par les autorités françaises et les gouvernements africains, et finalement son effacement progressif.
 
Osendé Afana dut quitter clandestinement la France en 1958 pour s’exiler au Caire en Egypte avec la direction de l‘UPC alors pourchassée par la soldatesque coloniale du Cameroun. Il sera un des membres du parti envoyé plaider la cause de l’indépendance immédiate du Kamerun à l’Onu, alors qu’il secondait les Félix Moumié, Ernest Ouandié, Kingué Abel dans la direction de l’UPC.
 
Avec Ernest Ouandié il choisit la lutte armée dans le maquis camerounais où il était chargé du Deuxième front à l’est du pays.
 
Les conditions de son arrestation le 15 mars 1966 pas loin de la frontière avec le Congo restent troubles, mais les témoignages s’accordent à y reconnaître une impréparation possible du front et des trahisons certaines. On prête à l’ancien président françafricain du Cameroun Ahmadou Ahidjo d’avoir exigé à son palais la tête tranchée du leader upéciste abattu sur le champ de bataille.
 
En 1966 paraissait aux éditions Maspero le livre posthume de l’intellectuel et du militant engagé, «Economie de l’Ouest Africain. Perspectives de développement». Osendé Afana, féru de développement économique dans une perspective tiers-mondiste lui donnant une ouverture d’esprit certaine y anticipe les grands problèmes qui vont joncher le chemin des sociétés postcoloniales : Endettement, bourgeoisies compradores et corruptocraties, aide piégée au développement, etc.
 
Sa vision marxiste du monde le rendra par trop optimiste sur la fin imminente du capitalisme rongé par ses contradictions, et sur l’avènement du socialisme, mais il pose les jalons d’une réflexion saine et éclairée qui malheureusement se révélera souvent vérifiée quant à la stagnation économique des anciennes possessions coloniales d’Afrique.
 
Osendé Afana aura à cœur d’ancrer son discours dans une passion et un idéal unitaire africain, panafricain, conquérant et militant, ce l’extrait suivant traduit* :

«A l’échelle de l’Afrique, une des caractéristiques dominantes du mouvement anti-impérialiste est le courant unitaire qui soulève de plus en plus les masses populaires. A côté des conférences panafricaines des peuples, des paysans, des femmes, des jeunes et des étudiants, des journalistes, etc., à côté des organisations permanentes issues de ces rencontres populaires ou gouvernementales s’ébauchent de plus en plus des regroupements régionaux: Union maghrébine, Conseil de l’Entente, Union douanière équatoriale-Cameroun, Union Tanganyika-Ouganda-Kenya, sans parler d’ensembles plus vastes tels que les groupes de l’UAM, de Monrovia ou de Casablanca.
 
Tous ces groupements régionaux auraient pu jeter les bases réalistes de l’unité du continent. Malheureusement, les impérialistes, fidèles à eux-mêmes, déploient tous les efforts pour entraver la réalisation de cette unité révolutionnaire de notre continent. C’est ainsi que même après la conférence panafricaine des chefs d’Etat et de gouvernement tenue à Addis-Abeba en mai 1963, ils continuent leur travail de division sous le couvert de la décentralisation régionale dans de nombreux pays, et sous le masque de I’UAM comme organisation régionale.
 
A ce niveau comme au niveau de chaque pays, il est tout à fait évident que la lutte pour l’unité et la lutte contre le néo-colonialisme ne sont qu’une seule et même lutte. Seule la liquidation du néo-colonialisme permettra d’unir tout le continent sous un gouvernement unique au service des peuples africains. La voie qui mène à cet objectif ultime passe nécessairement par des étapes comprenant notamment l’unité d’action, le renforcement de la coopération dans les domaines de la politique et de l’organisation et même par des regroupements régionaux, mais à contenu progressiste.
              
Notre époque est celle de l’aggravation de la crise du capitalisme et celle du triomphe du socialisme. Certes l’impérialisme apparaît encore comme un colosse, mais plus que jamais, il est un colosse aux pieds d’argile, car chaque jour qui passe développe les contradictions qui doivent le conduire à sa tombe.»


Dans un témoignage publié il y a plus de dix ans, Michel Ndoh de regretté mémoire, déclare que : “ Osendé était le premier économiste camerounais et même d’Afrique noire. Il était mordu par le virus upéciste (…) Il entre au maquis relativement sans discrétion et de façon précoce. Notre projet du Deuxième front, que Woungly Massaga ira mener plus tard, nous entendions le concrétiser dans la discrétion et pas en 1966. Osendé a voulu précipiter les choses. (…) Je garde de lui le souvenir d’un nationaliste véritablement engagé, radicalement différent de ceux qui, aujourd’hui, ne s’engagent dans le combat que pour défendre leurs intérêts ou ceux de leurs tribus. (…) ”, avait-il conclu.


Il y’a justement quarante trois  ans, Osendé Afana s’insurgeait contre les “ Impérialistes (qui) utilisent aussi les prêts pour piller les pays sous-développés ” en exigeant des taux d’intérêt exorbitants et des “ conditions d’utilisation et de remboursement très onéreuses ”. Il était persuadé que bon nombre de nos pays risquent de devenir “ des esclaves pour dettes ” et surtout, que l’aide des pays occidentaux “ est essentiellement un instrument du néo-colonialisme O

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Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /Sep /2009 14:29

 

 

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L’économiste Osende Afana, âgé de 36 ans, est tué le 15 mars 1966 ; sa tête tranchée est ramenée au président Ahidjo. 

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Beaucoup considèrent Osende Afana comme le plus brillant intellectuel des upécistes. Un consensus semble reconnaître qu’il était un brillant économiste. Osende Afana revendique très tôt. En 1952, année de l’obtention de son baccalauréat au lycée général Leclerc, il fait partie des meneurs de la grève organisée dans le lycée par les élèves Noirs, pour revendiquer de meilleures conditions de vie à l’internat. Plus tard, c’est à Toulouse, en France, où il poursuit des études supérieures, qu’il intègre l’Upc. Le jeune Osende Afana est parmi les fondateurs du comité de base de Toulouse. Il anime dans la même localité la section de l’Association des étudiants camerounais (Aec).
Dès 1956, Osende Afana fait partie du comité éditorial du journal «L’Etudiant d’Afrique noire» qu’il dirigera. Le journal gêne les autorités françaises. Osendé Afana quitte clandestinement la France, en 1958, pour rejoindre au Caire en Egypte la direction de l’Upc en exil. Il devient, après l’assassinat de Ruben Um Nyobe, un collaborateur important de Félix-Roland Moumié, d’Ernest Ouandié et d’Abel Kingué.
Après la mort du président Félix Moumié, le 3 novembre 1960, Osende Afana est parmi les sept membres du comité révolutionnaire mis sur pied. Avec Ernest Ouandié, il décide de retourner combattre dans le maquis au Cameroun. En septembre 1965, Osendé Afana prend la direction du “ front de l’Est ”, encore appelé “ deuxième front ” dans la forêt du sud-est du Cameroun, proche de la frontière avec le Congo Brazzaville. Le groupe mène des activités de sensibilisation et de mobilisation politiques des paysans.
La farouche répression des forces néocolonéales contraint Osende Afana et les siens à se replier au Congo. Pourtant le groupe est obstiné à étendre ses activités. Osende souhaite créer un front en vue de progresser vers Yaoundé, sa région natale. Il était en route pour Brazzaville pour réfléchir à ce projet lorsque son groupe tombe sur une embuscade ennemie. C’était dans la matinée du 15 mars 1966. Osende Afana est tué. Sa tête tranchée est ramenée au président Ahidjo.
Avant sa mort, Osende Afana avait lui-même identifié quelques raisons de la défaite de son front. La région, depuis la 2ème guerre mondiale, n’avait subi aucune influence du mouvement syndicale ou politique de libération. La population était très peu peuplée et la population clairsemée. La faiblesse quantitative et qualitative du groupe. Aucun membre n’était originaire de la région et personne n’avait la connaissance du terrain.
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